Le Japon est-il toujours le pays le plus sûr ? | Adala News

[Rapport 2019] Le Japon est-il toujours le pays le plus sûr au monde ?

Le Japon : un havre de paix ?

Vendredi 29 novembre 2019, le ministère de la Justice japonais a publié son “White Paper” annuel, contenant le bilan statistique sur la criminalité durant l’ère Heisei, c’est-à-dire du 8 janvier 1989 au 30 avril 2019 (pour rappel, le Japon est entré dans l’ère Reiwa le 1er mai 2019).

Le rapport a révélé qu’en 2018, le Japon a vécu la période la plus paisible de son histoire depuis la seconde guerre mondiale. Son taux de criminalité n’a jamais été aussi bas.

Mais le rapport nous apprend aussi que les 30 ans de l’ère Heisei ont vu une augmentation de la violence domestique, de la maltraitance sur les enfants et – conséquence sans doute d’une population qui vieillit rapidement – de la criminalité chez les personnes âgées.

Le nombre total d’actes criminels commis en 2018 a chuté pour atteindre le chiffre de 817 338, en baisse pour la 16e année consécutive.

Ce chiffre représente environ un quart du nombre des actes malveillants qui avaient été enregistrés au cours de l’année 2002, une année record en terme de criminalité sur l’archipel.

Selon les autorités, le nombre total d’infractions en 2018, y compris la conduite imprudente, s’élevait à quelque 1,23 million, contre 1,67 million en 1989. Ce nombre n’avait cessé d’augmenter jusqu’en 2002, année où il a culminé à 2,79 millions.

Il semblerait donc que la criminalité ait énormément diminué au Japon depuis la fin des années 80. Mais peut-on vraiment dire que le Japon est un pays sûr pour autant ?

Des conjoints japonais de plus en plus violents

Malgré la baisse générale de la criminalité, les statistiques montrent cependant une augmentation de la violence au sein des familles depuis 1999, et principalement la violence des conjoints.

En effet, le nombre de personnes appréhendées par la police japonaise pour de telles allégations s’élève à 8 229 personnes en 2018. Ce chiffre est près de 12 fois plus élevé que celui qui avait été calculé en 1989 !

La maltraitance sur les enfants japonais : des statistiques glaçantes

Au-delà de la violence conjugale, le rapport indique que le problème de la maltraitance sur les enfants s’est aggravé depuis 2014.

Cette violence est caractérisée au Japon par des décès très médiatisés qui ont véritablement mis en lumière cet aspect, jusqu’alors peu connu, de la société japonaise ces dernières années.

Le nombre de personnes arrêtées pour mauvais traitements infligés à des enfants s’élevait à 1 149 l’année dernière (ijime – persécutions à l’école comprise), contre seulement 242 en 1989. Autrement dit, la violence sur les enfants est cinq fois plus importante aujourd’hui au Japon qu’elle ne l’était il y a 30 ans.

La question des violences sexuelles au Japon

Les représentants du ministère de la Justice ont également souligné que les infractions sexuelles constituaient un problème de plus en plus important aujourd’hui.

En 2018, 1 307 cas de harcèlements ou violences sexuelles ont été signalés à la police, soit 17,9 % de plus que l’année précédente.

Cette augmentation soudaine des chiffres s’explique par le fait que depuis 2017, l’obligation pour la victime de déposer une plainte pénale avant qu’une affaire puisse faire l’objet de poursuites, n’apparaît plus dans le Code pénal.

À l’heure où l’occident descend dans les rues pour manifester contre les violences faites au femmes, rappelons également que la tendance à la dénonciation des violences sexuelles est (enfin !) prise au sérieux et en augmentation partout à travers le monde.

Le ministère de la Justice Japonais a toutefois expliqué que les chiffres réels peuvent être beaucoup plus élevés que sur le papier, car toutes les infractions ne sont pas toujours signalées. Les autorités citent ainsi une enquête menée auprès d’un groupe de 6 000 personnes choisies au hasard et âgées de 16 ans ou plus.

Sur 3 500 personnes, 35 ont déclaré avoir été victimes d’agression(s) sexuelle(s) au cours des cinq dernières années, mais 80 % d’entre elles n’ont pas signalé ces faits.
Les chiffres ne sont donc pas à prendre au pied de la lettre, et le Japon n’est peut être pas un pays “pacifique”, comme on l’entend souvent.

Les chiffres montrent également que 21 556 personnes n’étaient pas “sûres” d’avoir été harcelées et ont demandé des conseils juridiques ou une protection juridique en 2018.

Les Gaijins (étrangers) gonflent-ils les chiffres de la criminalité au Japon ?

Malgré l’augmentation récente des touristes et des résidents étrangers au Japon, le nombre d’infractions commises par des ressortissants étrangers a énormément chuté ces dernières années, passant à seulement 10 065 faits en 2018 (pour comparaison, la violence engendrée par des étrangers avait atteint un pic en 2005, avec 43 622 infractions).

Les vols constituent le pourcentage le plus élevé de crimes commis par des non-japonais (60,2 %).

Le nombre de ressortissants étrangers séjournant illégalement au Japon a atteint son maximum en 1993 avec 298 646 personnes. En 2018, ce sont seulement 4 744 personnes en situation illégale sur le territoire qui ont été signalées.

Le vol au Japon

Est-il vrai que l’on peut laisser ses affaires personnelles, même si elles sont de valeur, n’importe où dans un lieu public au Japon, et qu’on les retrouvera toujours ?

Le rapport montre en réalité que le vol était le crime le plus courant au Japon durant toute l’ère Heisei. Il représentait alors environ 70 % des crimes. En 1989, le nombre de vols s’élevait à 1,48 million, et en 2003, il dépassait les 2,23 millions.

Cependant, en 2018, la police a signalé seulement 582 141 vols ! Une diminution impressionnante qui peut laisser croire que perdre ses affaires dans la rue n’est pas un problème au Japon.

Les japonaises âgées commettent de plus en plus de crimes 

Le rapport fait également état d’une hausse de la criminalité chez les personnes âgées, ce qui est plutôt logique étant donné le vieillissement constant de la population du pays.

Le vol, en particulier le vol à l’étalage, était le crime le plus courant chez les personnes âgées de plus de 65 ans durant l’ère Heisei. Les femmes âgées représentaient 90 % des voleurs à l’étalage !

Le nombre de personnes âgées purgeant une peine d’emprisonnement a augmenté depuis 1989, passant de 1,3 % de l’ensemble des personnes incarcérées à 12,2 % en 2018.

Ce triste chiffre s’explique par le vieillissement de la population. Les retraités ont vu leurs pensions chuter ces dernières années. Certains sont obligés de travailler jusqu’à 70 ans et plus pour gagner… presque rien.

La faute aussi à la solitude et à l’alcool : de plus en plus de japonais ont pour idéal les pays occidentaux, où il est impensable de faire vivre trois générations d’une même famille sous le même toit, alors que c’était encore la norme il y a encore 10 ans de cela. Le divorce est aussi passé par là…

source : thejapantimes

3 Comments

  1. A propos des actes criminels en général, en vous citant : “[…] une année record en terme de criminalité sur l’île.”
    Sur l’île? Ce rapport ne c’oncerne-t-il que l’île de Honshu, ou bien est-ce juste une erreur ? (puisque je doute que vous ignoriez que le Japon est un archipel)

    Sinon, article intéressant 😉 .

  2. franchement j’ai passer 3 semaine au japon cette automne et les seuls que j’ai vu foutre la merde c’étais les touristes… (qui vivent la-bas ou qui son simplement touriste)

    après on vois très peu de chose en 3 semaines du coup pas représentatif du tous !!! mais bon j’ai quand même étais dégoutter de voir autant de touriste faire n’importe quoi pendant mon voyage

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