Les conditions de vie des professionnels de l'animation japonaise (salaire, heures de travail) - Adala News

Les conditions de vie des professionnels de l’animation japonaise (salaire, heures de travail)

Tout le monde sait aujourd’hui que, dans l’industrie de l’anime au Japon, les employés travaillent sans compter les heures, jusqu’à l’épuisement.

C’est une réputation qui dépasse largement l’industrie de la japanimation, et qui est valable partout au Japon (on a tous cette image de l’employé de bureau surmené).

Mais quelle est la réalité du travail dans le monde merveilleux des anime, et jusqu’à quel point les professionnels de l’animation travaillent-ils ?

Pour le savoir, la JAniCA (Japanese Animation Creators Association) s’est associée à l’entreprise Dai Nippon Printing afin de mener une étude concrète sur les conditions de travail dans l’industrie de l’animation japonaise (du 6 novembre au 19 décembre 2018).

Les conclusions de cette enquête sont le résultat de 382 animateurs, scénaristes, réalisateurs, éditeurs et producteurs interrogés. 312 d’entre eux ont fourni des informations sur leurs heures de travail.

La moyenne totale de travail :

Elle s’élève ainsi à 230 heures par mois.

Pour comparaison, en France, travailler 35 heures par semaine revient à réaliser environ 152 heures au cours d’un mois (soit 78 heures de moins).

En supposant que les employés de l’animation travaillent 20 jours par mois (sans compter les weekends), cela représente 11,5 heures de travail par jour (contre une durée maximale de travail quotidien de 10 heures en France).

Si l’on réduisait ces 230 heures par mois à 8 heures par jour, cela reviendrait à les étaler sur 29 jours, ce qui ne laisserait aux professionnels de l’animation qu’un ou deux jours de congé sur un mois entier (et aucun jour de congé le mois de février si il tombe une année non bissextile) !

Quels sont leurs salaires ?

360 employés (sur les 382 interrogés) ont déclaré gagner en moyenne 4,4 millions de yens par an (36 946 euros/an soit 3 078 euros/mois), ce qui n’est vraiment pas mal si l’on ne tient pas compte du taux horaire.

Toutefois, ce chiffre n’est qu’une moyenne calculée “mathématiquement’. Il ne garantit donc en aucun cas que tous les professionnels du secteur gagnent ce salaire (plusieurs variables existent comme l’ancienneté, le poste, le studio, etc.).

En réalité, environ 40% des employés interrogés ont gagné environ 3 millions de yens en 2018 (25 066 euros/an, soit 2 088 euros par mois) et 60% des interrogés ont gagné plus.

Ce qu’il faut savoir c’est que la plupart des personnes qui poursuivent une carrière dans l’animation japonaise ne le font pas parce qu’ils y voient un moyen rapide de gagner de l’argent, ni un travail facile et sans stress. Ils le font parce qu’ils sont passionnés et ont besoin de s’exprimer à travers l’art des anime que nous aimons tant !

Mais cette passion peut vite tourner au vinaigre quand on se rend compte de la charge de travail que cela représente.

“Nos emplois du temps peuvent faire tourner la tête “, déclare une dessinatrice qui travaille depuis une vingtaine d’années.

“Tous les jours, je puise dans mes économies, je suis constamment dévorée par mon travail, et je me surprends même à me demander ce que j’aime le plus dans les anime. Pourquoi est-ce que je reste dans cette industrie ? […] Continuer à faire ce travail épuise mes forces mentales et physiques, en plus de mon argent et de mon temps.”

Des frustrations similaires ont été exprimées par un animateur étranger d’une vingtaine d’années, qui a déménagé au Japon quand il n’était encore qu’étudiant, poussé par son amour pour les anime. Il a ensuite réussi à trouver du travail dans l’industrie :

“Je n’ai pas pu être embauché pour travailler sur la série animée que j’aimais “, explique-t-il. “Mes horaires de travail sont tellement chargées que je n’ai pas assez de temps pour m’entraîner et améliorer mes compétences en dessin… Mon salaire est faible et je gagne à peine assez d’argent pour acheter de quoi manger à l’épicerie, et encore moins de quoi payer l’assurance […]”.

Une lueur d’espoir est encore possible pour les employés de cet industrie, dans la mesure où en 2019, l’animateur né à l’étranger a mentionné que ses conditions de travail s’amélioraient petit à petit, par rapport à ce qu’elles étaient auparavant, et chaque année l’industrie (consciente du problème) continue à améliorer progressivement la condition de travail de ses animateurs.

Articles complémentaires :

sources: janicabengoshi.comyahoo! japan newsotakomusora24news

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10 Comments

    1. Bah justement c’est la mauvaise voie là… L’industrie n’arrive plus à recruter à juste titre, si les japonais s’intéresse autant à de la cgi low cost ou fait plein d’animes mal animés c’est pas pour rien…Oh oui niveau chiffres cela va, le reste tout va mal.

    1. ca depends du travail ou de l’entreprise du taff apres,faut arreter de raconter des conneries.va regarder des videos sur youtube(japania ou ichiban japan)et tu verras que c’est different d’un travail a un autre

      1. Oui et donc ? Si jamais il y a un secteur dans lequel tu kifferais bosser, ou tout simplement y exercer ta passion, mais qu’il fait parti des fameux secteurs “blacklistés” ?

        Je remet pas en cause le fond de ton propos, mais son manque de nuance. Ta phrase revient typiquement à dire aux japonais faisant l’objet de l’article : “Allez travailler ailleurs si vous n’êtes pas contents, vous verrez. Moins d’heures et plus de jour de congé”. Sauf que si c’est pour bosser dans un resto perdu au fin fond de Tokyo où est l’intérêt ?

    2. J’ai l’impression que ce n’est pas que le japon, cela semble être ainsi dans d’autres pays en asie. Ils sont encore très vieux jeu là bas même quand leur pays est développé. Mais oui dans certains secteurs les japonais sont plus là pour faire acte de précense j’ai l’impression, travailler à la campagne c’est pas le même délire que travailler dans les grandes aglomération comme Tokyo. On fait moins d’heures en France, mais elles sont plus chargés en moyenne, sauf certains secteurs comme ici avec l’industrie de l’animation.

      C’est sur cela donne pas envie de vivre là bas.

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