1,6K Malgré une popularité mondiale toujours plus démentielle, l’animation japonaise reste victime de clichés tenaces dans l’industrie du divertissement occidentale, en particulier aux États-Unis. Marisa Balkus, productrice de longue date dans le domaine de l’animation, dénonce la vision étriquée et dépassée de l’Occident et d’Hollywood sur l’animation japonaise. De Crunchyroll à Netflix : une carrière entre deux mondes Marisa Balkus est une figure connue de l’animation. Spécialisée dans les animes, les films d’animation et les adaptations de licences à succès, elle a débuté chez New Regency Productions avant de rejoindre Crunchyroll en 2017. Elle a ensuite intégré Netflix, où elle a participé à des projets qui ont eu un retentissement mondial comme Arcane: League of Legends, Devil May Cry ou encore Tomb Raider: The Legend of Lara Croft. Aujourd’hui, Marisa a monté sa propre société de consulting et de production, CULTURE MISFIT, spécialisée dans l’animation. Forte de ses collaborations avec des studios d’animation en Asie, en Europe et aux Etats-Unis, elle a une vision internationale et s’efforce de combler le fossé culturel entre l’animation occidentale et japonaise. « Beaucoup de personnes à Hollywood voient encore les animes comme de la pornographie. » Invitée par Brandon Violette sur le podcast The Story Series le 28 avril 2025, Marisa Balkus n’a pas mâché ses mots : « Je pense que des personnes d’une certaine génération dans notre industrie voient encore les anime comme de la pornographie ou quelque chose de déviant ». Cette vision stéréotypée, héritée des années 1980, une époque où les dessins animés étaient surtout un divertissement pour les enfants et où des titres comme Urotsukidoji ont marqué l’imaginaire collectif occidental, continue de nuire à la reconnaissance de l’anime comme un art à part entière. Un frein, selon Marisa, à de nombreuses collaborations authentiques entre créateurs occidentaux et créateurs japonais. Réduire l’anime au shonen : un cliché qui résiste à l’épreuve du temps Autre préjugé dénoncé par Marisa : l’idée selon laquelle TOUS les anime sont des séries shonen destinées aux adolescents. « Certains associent les animes aux shonen et rien d’autre… Ce qui est vraiment dommage, car les anime offrent évidemment une richesse infinie. » Marisa rappelle aussi que l’animation japonaise couvre une diversité de genres et de tons, allant du drame adulte à la romance historique en passant par la tranche de vie… Il y en a pour tous les goûts ! Une vision misogyne des publics féminins La productrice évoque aussi un autre stéréotype encore trop courant : les animes destinés aux filles et aux femmes devraient forcément inclure des « magical girls ». Marisa rappelle que de nombreuses femmes consomment des œuvres complexes et matures, loin des archétypes réducteurs. Pour compléter les propos de Marisa, j’ajouterai que les hommes au Japon comme en Occident ne sont pas les derniers à avoir binge-watché Puella Magi Madoka Magica, Precure, Sailor Moon, Cardcaptor Sakura… Vers une vision moins stéréotypée de l’anime à l’international ? Alors que l’animation japonaise est devenue un phénomène planétaire, avec près de 800 millions de fans à travers le monde, le défi actuel consiste à changer la perception qu’en ont les décideurs en Occident, qui, rappelons-le, ne sont pas toujours des fans eux-mêmes… Briser les clichés, reconnaître la richesse de l’animation japonaise, et promouvoir une culture de la collaboration entre Japon et Occident, voilà ce que défend Marisa Balkus. L’interview complète de Marisa Balkus est à retrouver sur la chaîne YouTube de Brandon Violette. animation japonaiseanime Partager 0 FacebookTwitter Andromede article précédent La Sorcière aux champignons : Teaser Vidéo et date de sortie article suivant Black Butler: Emerald Witch Arc : Trailer Climax You may also like Le manga Nue’s Exorcist adapté en anime 12 octobre 2026 L’anime The Kept Man of the Princess Knight,... 3 octobre 2026 L’anime Spice and Wolf Saison 2, en Teaser... 3 octobre 2026 L’anime MeraxDeath, en Teaser Vidéo 27 septembre 2026 Toutes les infos sur l’anime Magic Knight Rayearth 20 septembre 2026 Toutes les infos sur l’anime Les Noces des... 18 septembre 2026 Toutes les infos sur l’anime Ranma 1/2 Saison... 14 septembre 2026 Hello I am a Witch and my Crush... 14 septembre 2026 Isekai : Pourquoi le genre le plus populaire... 14 septembre 2026 L’anime Romelia War Chronicle, en Trailer 2 12 septembre 2026 5 commentaires Kalenden 1 juin 2025 - 8 h 24 min Intéressant Répondre TheOneDarkling 30 mai 2025 - 19 h 52 min Totalement d’accord avec le commentaire de @Spiker. Dans mon entourage, on consomme de l’animation japonaise pour échapper aux clichés/injonctions des oeuvres occidentale (coucou Netflix). Cette séparation permet à chaqu’un de regarder le contenu qu’il préfère. Cela permet de lutter contre l’uniformisation des œuvres qui est le véritable danger. D’ailleurs, je suis super impatient de voir ce que les chinois/coréens vont apporter au monde de l’animation. Leur montée en puissance ces dernières années a été impressionnante ! Répondre Andromede 3 juin 2025 - 19 h 39 min Totalement d’accord avec ton analyse 🙂 Répondre Spiker 30 mai 2025 - 17 h 23 min S’il existe des stéréotypes, c’est souvent parce qu’ils contiennent une part de vérité. Cependant, il est dommage de réduire les animes et mangas uniquement à du contenu pornographique, alors que cette industrie propose au moins 80 à 90 % de contenus « normaux ». Il faut aussi nuancer : il n’est plus vrai aujourd’hui que tout le monde pense ainsi. Avec l’avènement du streaming il y a une quinzaine d’années, ces stéréotypes se sont peu à peu dissipés, laissant place à une offre diversifiée. Désormais, la majorité des gens savent de quoi il s’agit, mis à part peut-être quelques irréductibles. Quant à la tendance à réduire les animes aux seuls shōnen, cela vient en partie de la télévision et des plateformes de streaming qui privilégient ce genre. Si l’on regarde les classements juste après la période du Covid, on constate que les shōnen dominent. Cela dit, ce n’est pas entièrement leur faute : les shōnen sont « universels » et plus faciles à comprendre, ce qui les rend accessibles au plus grand nombre. Je ne comprends pas pourquoi il faudrait forcer une collaboration systématique entre Occidentaux et Japonais. Il vaut mieux que cela se fasse naturellement, sans précipitation, afin d’éviter un fiasco et une baisse de qualité des contenus. L’exemple de Cyberpunk Edgerunners illustre une coopération réussie, née de façon organique entre CD Projekt Red et le studio Trigger. Selon moi, la popularité croissante des animes a déjà eu des répercussions parfois négatives. Plus ce média gagne en renommée mondiale, plus il risque de s’éloigner de ses racines. Les éditeurs et mangaka devront s’adapter à un public international, au détriment de la vision japonaise originelle. L’anime pourrait alors perdre ce qui faisait son charme, devenant un produit formaté pour ne pas heurter la sensibilité de certains publics, notamment occidentaux, qui ont tendance à privilégier la censure et ce depuis les années 90. Répondre Andromede 3 juin 2025 - 19 h 34 min Attention, l’article ne traite pas de l’Occident au sens large, mais bien de « l’industrie du divertissement occidentale ». Il est donc question des préjugés sur les animes du point de vue des professionnels du milieu et non du point de vue des consommateurs d’animes et mangas. Bien sûr, les fans savent faire la part des choses et savent que les animes présentent des thèmes variés pour tous les publics. Là, il est question des clichés dans le milieu de l’animation en Occident, et de l’impact de ces préjugés sur les collaborations entre studios d’animation japonais et américains notamment. Je pense comme Marisa Balkus que malheureusement, l’Occident a encore une vision très stéréotypée des mangas, on a tendance à classer les genres par sexe et âge (Shonen = garçons, Shojo = filles, Seinen = hommes…) alors qu’en réalité la définition de ces termes est beaucoup plus riche qu’on ne pourrait le croire. Concernant la collaboration entre Japon et Occident, il ne s’agit pas de forcer un travail en commun mais de créer des passerelles plus équilibrées. Je suis désolée de le dire mais Hollywood rate bien souvent ses reprises d’œuvres étrangères… Sur la mondialisation de l’anime, je pense que c’est un faux débat et qu’il faut nuancer. Pourquoi un anime perdrait son essence juste parce qu’il aurait une audience mondiale ? Je trouve que c’est réducteur. Répondre Laisser un commentaire Annuler la réponse Garder en mémoire mon identifiant et mon email dans ce navigateur pour mon prochain commentaire. Δ