Test du jeu Call of Duty : Modern Warfare | Adala News

Test du jeu Call of Duty : Modern Warfare

C’est la mode en ce moment : les éditeurs aiment titiller la nostalgie des joueurs sous prétexte que c’est une ligne marketing percutante, mais qu’en est-il vraiment ?

Tous ceux qui se souviennent de ce jeu sorti en 2007 constateront en jouant à ce reboot arrivé en France le 25 octobre 2019 sur PS4, Xbox et PC, que rien n’a changé : la guerre est toujours moderne, et votre chef d’escadron est toujours capitaine John Price.

Selfie de Capitaine Price

Alors vraiment rien n’a changé ?

En réalité, si, comme le maniement des armes, les modes de jeu ou encore le traitement des personnages.

Entre horreur et action

Qu’on soit bien d’accord : un Call of sans scènes de violence et sans éclats de sang n’est pas un Call of !
Mais ici, la guerre moderne
made in 2019 tourne à l’horreur, et se transforme en obsession pour la torture, ce qui donne au jeu un côté répugnant (à titre personnel).

Tous les grands médias qui ont critiqué le jeu sont d’accord sur ce point : Call of Duty : Modern Warfare 2019 nous entraîne dans un tourbillon mêlant horreur, déshumanisation, brutalité, cruauté, immoralité.

Loin de moi l’idée de vouloir vous spoiler, mais le jeu se termine déjà sur une suite : la victoire n’est qu’un moment de répit avant que d’autres tueries n’éclatent. C’est sombre, c’est pessimiste, et finalement c’est aussi tout ce qu’on aime !

 

Faut-il acheter Call of Duty : Modern Warfare ?

Le retour de la franchise était très très attendu, à tel point que le jeu a fait un meilleur démarrage que Black Ops 4

La campagne solo, le mode multijoueur classique et le mode 2v2 sont d’excellentes raisons de se réformer et d’entrer dans l’infanterie si vous avez lâcher la série depuis un moment (Black Ops 3  ?).

Par contre, le mode Spec Ops qui avait été abandonné depuis Modern Warfare 2, et qui permet de prolonger la campagne, est un peu décevant. La guerre sur le terrain nous rappelle aussi les raisons pour lesquelles la série avait commencé à faire débat au sein de la communauté…

Objectivement, Call of Duty : Modern Warfare vaut la peine qu’on y consacre du temps et des efforts, malgré ses faiblesses.

Entre les avions télécommandés pleins à craquer d’explosifs, les tirs non-stop sur l’équipe ennemie avec une mitralleuse P90 ou les gémissements de désespoir que vous poussez en voyant que votre team de 4 personnes a été prise en embuscade par un autre mastodonte lourdement armé, on peut dire que Call of Duty : Modern Warfare est à la fois immersif et divertissant (et ce, malgré la présence toujours aussi frustrante des campeurs, qui font aussi du jeu ce qu’il est !).

Ce Call of Duty est habilement réalisé, avec des graphismes incroyables qui m’ont bluffée, des mouvements fluides comme de l’eau de source et une flopée d’améliorations qu’on ne peut pas nier.

Un mauvais jeu ?

Vous aimez les blockbusters ? Alors vous serez servis !

Call of Duty : Modern Warfare est l’équivalent de la malbouffe mais dans le monde du jeu vidéo. C’est impeccablement réalisé, mais on l’oublie aussi vite que le dernier kebab qu’on a mangé.. et je… je l’avoue cher lecteur d’Adala-News, je mange beaucoup de choses moyennes sur le plan gastronomique…

…Alors qu’il n’y a aucune honte à aimer ça ! Les 5-6 heures de campagne offrent une variété d’attaques qui font frissonner, ponctuées de quelques bouts de décors qui restent ancrés dans ma mémoire encore au moment où j’écris.

Et puis le mode multijoueur est assez stimulant pour qu’on veuille s’y investir pleinement : le gameplay est solide, on améliore ses armes et ses personnages en débloquant constamment de nouvelles pièces pour à peu près tout. Donc en réalité, on ne s’ennuie jamais !

Une guerre d’aujourd’hui

Dès les premières secondes du jeu, un kamikaze débarque sur Piccadilly Circus (la fameuse place londonienne). On n’est pas rentré dans l’armée pour rester les bras croisés ! Notre rôle est d’essayer de neutraliser les terroristes dans les débris et les décombres de l’attentat.

On est constamment dans l’urgence : on a des otages à sauver. Après s’être faufilés entre les voitures, on abat le terroriste posté à l’entrée de l’immeuble Tanto et on prend soin de dégager les débris obstruant le passage. C’est alors que notre cher Capitaine Price arrive à la rescousse !

On le suit à l’étage du bâtiment pour délivrer les otages (l’un d’entre eux porte une ceinture explosive)

L’immeuble Tanto où sont détenus les otages

Il est malheureusement trop tard pour les sauver ! Alors d’un coup, on se retrouve en Urzikstan pour une mission d’infiltration…

Une guerre inhumaine : le thème de l’armée contre les civils

L’un des seuls faux pas de ce Call of Duty est de faire dériver en permanence la campagne solo vers une folie meurtrière qui n’est pas toujours justifiée… À certains moments, le jeu part tellement dans tous les sens qu’on ne sait même plus s’il faut tirer, pourquoi tirer et sur qui tirer !

D’ailleurs, si on arrive à ne blesser aucun civil durant cette mission chaotique à Picadilly Circus, on obtient le trophée Or “Gâchette disciplinée”.

On est un peu perdu… Qu’est-ce que les héros sont censés faire : tuer les coupables ou bien “ne blesser aucun civil” ? Parce que c’est pas vraiment la même chose quand même.

Le chaos laissé par l’attentat de Picadilly Circus

Le thème (plus que controversé) des soldats “mal traitant” des civils (à contre-cœur) pour assurer la sécurité du monde, se retrouve dans le jeu à plusieurs reprises : quand un garçon est balancé du balcon, jusqu’à cette attaque au gaz qui a des relents de bombe nucléaire, de la petite adolescente qui joue à cache-cache avec un commando russe et finit par le poignarder à mort tandis qu’on appuie nous aussi sur la gâchette, ou encore au moment l’où on doit coller notre arme sur la tempe d’un des membres de la famille d’un terroriste…

Trailer :

Par moments, jouer à Call of Duty : Modern Warfare est gênant, inconfortable. On se dit qu’au moins, ce jeu a le mérite de nous questionner sur notre degré de soumission aux ordres et sur notre part d’humanité (ou d’animalité).

Un hymne à la maltraitance des femmes et à la beauté des hommes ?

Call of Duty a toujours été un jeu fait par des hommes pour des hommes, et c’est tant mieux : le jeu reste fidèle à lui-même sur ce point.

Généralement, je n’accorde pas d’importance au traitement des femmes dans les jeux vidéo.

Mais quand même, rien n’explique pourquoi à mi-chemin de la campagne, on se retrouve dans la peau d’une femme torturée par noyade (“waterboard” dans le langage militaire).

Une expérience de waterboarding déstabilisante

“L3 pour respirer”, puis l’écran s’estompe jusqu’à devenir noir lorsque vous perdez connaissance. Je vous avais dit que ce jeu était “immersif” ! Mais on ne comprend pas bien ce que cette scène apporte de plus au jeu…

Cependant, les femmes ne sont pas que des victimes dans ce Call of Duty. Il y a aussi des femmes fortes, comme Farah, la dirigeante d’une cellule d’insurgés qui travaille avec la CIA pour tenter de résoudre l’intrigue globale.
Elle est l’un des personnages les plus intéressants dans ce jeu rempli de héros masculins, et on regrette qu’Infinity Ward ait choisi de toujours la mettre en scène dans des situations sinistres. 

Farah, la grande figure féminine de ce jeu

À l’inverse, les personnages masculins sont d’une grande beauté. À ce sujet, je tiens à insister sur le fait que je n’ai jamais vu de si beaux poils de barbe dans un jeu vidéo jusqu’à présent. Alors la question que l’on se pose tous c’est : est-ce que que les hommes de ce jeu auraient conservé leur beauté sur le plan graphique si on leur avait mis la tête sous l’eau ? Difficile à dire.

Trailer Opérations Spéciales (coop) :

Un succès mérité

Malgré ces controverses apparemment délibérées (car elles font vendre !), la campagne est un succès. Parmi les missions les plus marquantes : démonter une cellule terroriste à Camden,  courir dans une ambassade assiégée pour extraire un prisonnier important et se frayer un chemin à travers un hôpital !

Modern Warfare est parfait, tellement parfait qu’on a l’impression d’être plongé dans l’écran d’une salle de cinéma et de jouer notre plus beau rôle dans le meilleur film d’action de la décennie.

Le mode multijoueur du jeu est le meilleur qu’on ait connu depuis des années. Fini le mode Battle Royale aux graphismes douteux du Black Ops 4 de l’an dernier.
Le nouveau Call of est un peu plus lent, et met l’accent sur le travail d’équipe et les mouvements décisifs. Bien sûr, vous êtes quand même libres de tirer dans le tas à la mitraillette si ça vous chante.

On note aussi une richesse d’accessoires pour chaque arme à feu (avec un maximum de cinq accessoires par arme) qui apportent vraiment un plus à l’expérience de jeu.

 

On trouve facilement ses marques quand on a déjà joué à COD. On se sent comme chez soi dans l’univers de Modern Warfare, y jouer est aussi confortable que de mettre sa paire de chaussons préférés !

Ce sentiment s’estompe légèrement avec le mode de guerre terrestre où jusqu’à 100 personnes combattent sur d’énormes cartes, avec un système d’escouades et même des véhicules blindés et des hélicoptères !
Malheureusement, ce n’est pas le jeu que Call of Duty était censé être, et il y a de nombreux problèmes sur ce mode… Donc je ne vais pas plus m’attarder dessus.

Verdict : 7/10

Au cours des dernières années, les ventes du titre Call of Duty avaient logiquement diminué. Les empires s’effondrent, surtout dans le monde du jeu vidéo. Si ce n’était pas le cas nous serions tous encore en train de jouer à Duke Nukem ou Tony Hawk’s !

Finalement, Call of Duty a réussi l’impossible, à savoir rebooster ses ventes, avec un package dans lequel les fans de Modern Warfare se reconnaîtront tous (ceux qui sont nostalgiques du jeu original comme les nouveaux joueurs).

Le mode campagne a un message à nous faire passer, et le mode multijoueur nous tiendra encore longtemps en mission quand on l’aura terminé. 

Malgré quelques décisions scénaristiques vraiment déroutantes, j’aime beaucoup Call of Duty : Modern Warfare. Mais en même temps, j’ai toujours aimé la junkfood !

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